Le blog de François Berreur à Lima

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samedi, mars 19 2005

Lima, samedi

Hier soir, comme prévu une salle beaucoup moins rieuse, mais aussi moins d'énergie que la veille surtout de la part de Gabriela, car Ismaël et Miguel rassurés par l'accueil étaient plus en confiance. J'ai effectué un raccord l'après-midi et Bernard à corrigé quelques effets. Le spectacle était vraiment là, plus d'unité plus émouvant. Nous avons souvent évoqué la prestation d'Hervé (Pierre) avec Bernard ces dix derniers jours, non pas à titre de comparaison (ce serait difficile) mais parce que façon de dire le texte (manière de dire...) résonnait encore à nos oreilles et il n'est pas pour rien dans l'attachement que nous avons à Music hall.

Salle archi pleine encore hier mais c'est la période des invitations. (Mais que les invités viennent c'est paraît-il déjà une bonne chose.)

Etrange aventure donc qui s'achève pour moi ce soir. Le spectacle se joue six semaines, jusqu'à fin avril.

Entretien avec un journaliste l'après-midi qui s'étonne que Lagarce ait un humour si péruvien (Humour sur la difficulté économique et artistique) et il était surpris qu'un auteur en France puisse évoquer une réalité qu'il ne soupçonnait pas. Très étonné aussi que nous n'ayons changé qu'un mot dans le texte, le nom de la ville qui évoque le trou du cul du monde.

Si on m'avait dit que Music-hall parlerait du Pérou aux péruviens...

vendredi, mars 18 2005

Lima, primera

Première hier soir donc, désolé de n'avoir pu tenir régulièrement ce blog, je ferai un petit rattrapage, avec quelques photos ces jours prochains. Première donc, salle pleine (d'invités) et accueil enthousiaste (j'ai déjà prévenu les acteurs de se méfier de la deuxième, il y aura certainement moins d'acteurs et plus la famille Vélasquez, la famille de Gabriela était très nombreuse et emmenée par un des frères qui a un rire particulièrement sonore). Ce qui est le plus étonnant c'est la drôlerie de la pièce. L'ambiance (pour ceux qui ont vu le spectacle) ressemblait un peu à celle des Prétendants à La Colline (c'est dire). Et une fois le processus enclenché, la machine Lagarce est en route... Aujourd'hui j'ai demandé un raccord à 17h, car tout cela est un peu frais, la pièce manque de rythme et l'enthousiasme de la salle a amené les acteurs vers quelques contre sens que je dois rapidement corriger (on ne saurait oublier que la salle est vide et que si on parle au public dans les numéros, la scène suivante ils ne doivent plus être là). Ai beaucoup pensé à la création de cette pièce à Planoise, au désintérêt du public et, il faut bien l'avouer, à la mise en scène un peu plate de Jean-Luc qui n'avait pas trouver le côté jubilatoire de cette langue, de sa langue. Il parlait beaucoup à propos de Music-hall de Jacqueline Maillan et c'est pour cela que je me permets ce commentaire et que je sais qu'il revendiquait le rire, et d'ailleurs pour Music-hall aussi (il l'a écrit) il pensait avoir écrit une pièce drôle. (Tu peux être rassuré !) Le fait de ne pas parler couramment la langue (je comprends maintenant à peu près les conversations) m'a certainement laissé plus vigilant à l'écoute du rythme de la langue de Jean-Luc. Mais pour moi la surprise reste immense, car je n'avais senti cette force dans ma mise en scène d'Avignon. Mais le piège est bien sûr d'en oublier la profondeur de la pièce, son questionnement sur le sens de la vie (c'est moi qui fait simple, la pièce est un peu plus subtile, beaucoup plus). Nous avons réussi avec Bernard une assez belle lumière mais qui demande encore quelques finitions dans ses transferts, mais le final est assez somptueux mur de lumière en petites ampoules et costume somptueux rouge qui ressort dans les clairs obscurs. Ce fut aussi la soirée des catastrophes, personne ne l'a vu comme c'est toujours le cas dans ses cas là, mais quand même. Ils avaient oublié de mettre le deuxième pantalon du second boy dans la valise, ils sont entrés avec la caisse à l'envers, la console lumière a fait des siennes et nous a fait un plein feu au milieu de la représentation, Ismaël a envoyé une réplique au milieu d'un silence du texte de Gabriela... Evidemment comme le propos est que tout est fait de brique et de broques le public n'y a vu que du feu... "presque que du feu". Ce matin en me réveillant j'ai cru un instant que la première était ce soir et que j'avais rêvé la représentation d'hier, son accueil et ses incidents. Il me reste deux jours pour être vigilant et que le propos ne les emportent dans le n'importe quoi et qu'ils continuent à travailler.

Tout le monde avait l'air désolé de découvrir, alors que c'est la troisième année consécutive que je viens, que je connais pas le Pérou, pas même Lima. Les gens sont gentils...

La fameuse photo dont il a été question, il y a quelques jours est sortie... Je vais essayer de la scanner, vous verrez que je n'avais pas menti sur mon état de décomposition avancée. (Mais que l'on se rassure je n'ai plus du tout cette tête. Coiffeur et chemise à fleur... on triche comme on peut.)

Malheureusement pas de photos du spectacle car le photographe officiel ne peut pas faire de photo du spectacle en mouvement, il faut poser et avec la lumière en pleine puissance. (No comment, mais c'est affreux et on dirait un vieux spectacle des années 50.)

A bientôt.

jeudi, mars 17 2005

Lima, El Rey

Construction d'un mur lumineux avec des décorations de Noël, où l'on découvre l'ingéniosité et le savoir d'Alex et de toute l'équipe technique pour construire un final digne du Lido.

rey

mercredi, mars 16 2005

Lima, séance photo

Pas de photo de spectacle mais des poses. L'horreur !

Poses

mardi, mars 15 2005

Lima, plus le temps

Plus le temps d'écrire ma vie, mon oeuvre...

Besos

Besos

dimanche, mars 13 2005

Lima, samedi 13

Belle répétition l'après-midi où ils attaquent avec l'énergie (et j'ai aussi l'énergie) enfin on entend le texte, c'est drôle et pas de trou de texte sur la première partie.

J'ai réglé le son avec le régisseur, 5 effets, mais un peu long car la console ne peut être mise en salle pour les niveaux.

Mais le soir ce qui était énergie et amusement de la part de Gabriela se transforme en drame, elle joue le drame, même la robe pour laquelle on ne lui a pas demandé les papiers est une scène dramatique. Ce qui veut dire qu'elle a retenu un état de la répétition de l'après-midi et que c'est là qu'elle travaille et non pas sur les mots, le rythme l'énergie, le concret.

J'explique après que ce n'est donc pas un drame que quand ils arrivent ils ne savent pas qu'il n'y aura personne et que le personnage n'est pas Gabriela. Grande discussion ensuite sur la fatigue, les difficultés de montage de la production, les conflits avec le théâtre, le passé, le stress... On ne peut le nier mais on n'est pas là pour régler le passé, on fait un spectacle jeudi. Je sens que depuis l'après-midi je laisse mon inquiétude de côté et que j'ai une belle énergie pour aller au bout. La répétition de l'après-midi me dit que c'est possible mais je dois tenir beaucoup plus compte du mode de jeu de Gabriela et Miguel, car Ismaël même s'il a des oublis est concret et son rôle prend une force que je n'avais pas soupçonnée. Il se bat magnifiquement sur chaque mot et se laisse porter en profondeur par la pièce sans pathos, c'est même son énergie qui rend la fin du spectacle plus fort.

Le pathos, voilà bien le mot où Gabriela emmène son jeu. Si j'arrive ces deux prochains jours à le supprimer, nous retrouverons , j'espère la voix du travail que nous avions, il y a quatre jours. Avant qu'elle décide, ce sont ses mots de "fixer", alors que les places sont approximativement les mêmes, c'est bien de son jeu qu'elle parlait, de son état. Rien de pire pour tuer la langue.

samedi, mars 12 2005

Lima, vendredi 12

Le travail avance mais cela ne décolle pas, plusieurs raisons je crois : L'une serait que Gabriela a trop investi personnellement dans cette pièce et que cela l'empêche un peu de jouer, d'amener l'imaginaire de ce personnage. Ce qui a pour conséquence qu'elle revient sans cesse à un jeu réaliste et à "une idée" du personnage car l'identification n'est pas possible (heureusement). La seule voie est le concret de l'imaginaire. A la différence d'Ismaël, le deuxième boy qui malgré ses problèmes de mémoire, se bat avec les mots et l'imaginaire mais concrètement. Magnifique scène ou il explique hier au deuxième boy sa place et tout à coup quand il doit expliquer pourquoi il est là, lui à cette place, à droite plutôt qu'à gauche, c'est tout à coup l'enjeu du sens de sa vie qui est là. Lagarce, c'est ça, aussi simplement et profondément. Une autre est bien sûr la fatigue, ils ont commencé à tourner un clip de pub pour le spectacle à 9h du matin et jusqu'à 14h, dans un bar, la chaleur et le réalisme le plus plat. L'idée, c'était que dans un bar ils devaient convaincre le tenancier de les embaucher pour jouer leur spectacle. (Je n'y suis pas allé, j'ai travaillé avec Bernard au théâtre, de toute façon face à ce genre de situation, on ne peut qu'attendre que cela passe). Une autre encore, mais qui rejoint la première est qui en est sa conséquence c'est que la vision réaliste empêche la lucidité. Je m'explique. Quand Lagarce écrit la scène des goguenards, bien sûr il se moque, "dénonce" ce type de personnage, mais la dimension du récit, sa dynamique fait que La Fille devient aussi "goguenard" que les goguenards. "Nous ne pouvons nous contenter de notre bonne ou de notre mauvaise conscience devant la barbarie des autres, la barbarie nous l'avons en nous (...)" c'est ce qu'il écrit et c'est aussi ce que doit percevoir le public même s'il ri, car c'est une scène très drôle.

Tout cela évidemment, cette incompréhension, j'en suis le premier responsable, "on ne saurait l'oublier". Essayons donc ce week-end d'y voir plus clair.

J'étais un peu inquiet de travailler autant sur la même pièce, mais je commence à croire que c'est une chance car ce texte est vraiment extraordinaire. Je n'en finis pas de le découvrir. "Music-hall" c'est aussi cela : "Les lieux de l'Art peuvent nous éloigner de la peur et lorsque nous avons moins peur, nous sommes moins mauvais (...)". C'est tiré d'un texte qui s'appelle (pour ceux que cela intéresserait et qui l'ignoreraient encore) "Nous devons préserver les lieux de la création" dans "Du luxe et de l'impuissance".

Finalement ce blog, c'est bien aussi pour faire le point, et c'est bien aussi de savoir que personne n'est obligé de le lire, on peut y être, encore, aussi ennuyeux que l'on veut.

Et à ceux qui le lisent régulièrement, on pense aussi régulièrement et on les embrasse.

jeudi, mars 10 2005

Lima, premier filage

Bonne après-midi de répétition, après mon interview de 11h, sympathique et intelligente journaliste. Je commence à comprendre les questions avant la traduction. J'étais assez content, mais il est vrai que c'est toujours un peu les mêmes questions. Mais bon, c'est mieux.

Donc bonne répétition de détail sur le début du dernier tiers, n'ai bien sûr pas réussi à voir la fin de la pièce et ce que nous avons vu hier est encore bien fragile, manière de dire. Quand vous travaillez bien, il faut toujours attendre deux trois jours pour savoir ce qui reste. Attendons donc.

Ce soir arrive Bernard par l'avion de 20h et si il est à peu près en forme, il peut assister au premier filage, à la première tentative de filage, c'est plus juste. Ai commencé à penser un peu à la lumière et des scènes risquent d'être très belles... Si nous arrivons bien sûr à les réaliser et les conduire.

Sentiment très fort cet après-midi d'être un peu passé à côté de la pièce (j'ai dit un peu) lors de la création à Avignon, notamment le passage pour le 2ième boy de l'apprentissage à la maîtrise du rôle. Cet après-midi le premier devenait presque comme un enfant, se laissant habiller par le deuxième. Et son départ est fort réjouissant et très drôle. (La caricature aussi du "projet pour Lisbonne", c'est un "projet" et le principe du "projet" c'est qu'on en reparle.)

(...)

Arrivée de Bernard ce soir, assez en forme, il a pu dormir dans l'avion et après un café, nous avons réussi un premier filage. Réussi à passer la pièce sans trop s'arrêter, la réussite était là, pas dans le jeu bien sûr. Je sais que cela ne sert à rien de se désespérer, la tâche est encore colossale. Mais le projet lui paraît clair, c'est déjà cela.

Lima, la Luce

Bernard descend de l'avion est saute sur les commandes. Et l'on découvrira plus tard qu'il installe un rapport convivial avec le régisseur.

La Luce

mercredi, mars 9 2005

Lima, on communique

Rendez-vous presse. Entretien de 10 mn cordial et avec un journaliste semble-t'il intéressé. Puis une demi heure plus tard arrive la photographe, je suis au cinquième étage à l'administration (pour envoyer mes mails). Nous sortons pour la photo, la photographe propose le mur de couloir, va pour le mur du couloir, non cela ne va pas (on s'en serait douter à la vue du mur en ciment brut avec quelques trous), allons près du tableau dans l'escalier, quelques clichés plus tard, plutôt vers la structure sur le palier en dessous, va pour la structure en bois... Là je me dis "on va se faire l'escalier et finir au rez-de-chaussée à la cafétéria"... Eh bien on a fini à la cafétéria, la photographe à genoux sur un tabouret de bar, maintenue en équilibre par Gabriela et s'étonnant que je ne souris pas. Ce qui vous empêche dans ses cas-là de ne pas lui faire avaler son appareil, c'est que vous savez que expliquer, au service de presse et à la direction et à la production (l'incident est remonté au plus haut niveau, nous avons failli être convoqués par l'Ambassadeur et les télégrammes diplomatiques sont déjà dans les tuyaux) votre léger agacement vous prendra plus de temps et encore plus de désagrément... Et vous faites un joli sourire en pensant à la photo sélectionnée parmi les 180 clichés. Vive le numérique !

Ca c'était le matin, à 15h la télévision, je m'attendais au pire, une demi heure pour régler la lumière sur les sièges pour faire un interview, 25 prises de la journaliste pour lancer le sujet, je nous sentais mal partis pour l'extrait. Le caméraman compte un, deux, trois... on lance la musique. Je remercie à la fin de l'extrait et me tourne vers le caméraman... "et maintenant ?" "C'est OK" il me dit. Pas de plan de coupe, pas d'autres cadres ? Là c'est moi qui demande une seconde prise. Ils ne vont quand même pas s'en tirer à si bon compte. Il est 16h, c'est le rendez-vous pour le clip, et le réalisateur d'expliquer que cela se passe dans un bar... Etc... Là je ne raconte pas, c'est en espagnol (et je pourrais être désagréable), mais vendredi pendant le tournage je crois que je vais rester au théâtre avec mon Bernard à régler la lumière.

Répétition très concentré quand même entre 16h30 et 18h. Vu en détail la fin. A 16h30, j'avais dit: "Désolé mais nous devons répéter".

Eh oui ce qui justifie tout cela c'est quand même un spectacle, on ne saurait l'oublier, parce que tout de même...

Belle répétition ce soir, je n'ai pas réussit, pas eu le temps d'aller au bout mais fait un travail de précision sur le deuxième tiers. Cela de toute façon est nécessaire pour construire sur du solide.

Le mari et l'amant sont là, présents, crédibles. La pièce commence à apparaître et l'histoire aussi. Des moments émouvants, fugaces... Resteront-ils ? Et avons beaucoup ri, du jeu mais aussi d'accidents de répétition. Je voudrais bien quand même arriver à faire un filage pour Bernard qui arrive demain.

Grosse chaleur aujourd'hui, genre équateur, chaud et humide, mais climatisation dans la salle, là on apprécie.

Anti-sèche

Anti-sèche.

Technique très péruvienne, quand vous devez enfiler votre chemise et que votre mémoire a des défaillances, votre camarade qui est aussi occupé peut utiliser sa bouche pour tenir votre texte à hauteur de vos yeux. Solidarité de plateau...

mardi, mars 8 2005

Lima, reprise

Pas de notes lundi, de toute façon à peu près la même journée, arrivée à 10h au théâtre et parti à 23h30. Je peux enfin faire un service le soir et nous pouvons vraiment nous installer sur le plateau. J'ai pris le rythme d'avancer sur la pièce l'après-midi et le soir je reprends au début en arrêtant pour préciser jeu et place. La méthode semble bonne car hier je suis allé jusqu'à la scène 27 (il y a en a 30). Mercredi je dois pouvoir voir à nouveau l'ensemble.

Toujours des problèmes de textes pour les boys. Je crois finalement que les boys pensent qu'ils n'ont pas de textes ou très peu et donc négligent l'apprentissage. (J'ai rencontré le même problème à la création en France).

Les dimensions du plateau et le rapport scène-salle sont excellents et les conditions techniques sont dans l'ensemble bonnes, on devrait pouvoir sortir un spectacle "propre". Tout est quand même assez long à mettre en oeuvre, mais bonne volonté de chacun (ce qui n'est pas rien). On n'est pas dans la pièce... Ce serait même l'inverse, l'accès au plateau se fait uniquement par une porte au jardin (à gauche côté public, pour le public...) je demande qu'elle soit à 2 m du fond pour avoir un éclairage latérale. Le lendemain la porte est à 1 m. Je dis "j'avais demandé 2m ?" en pensant "ya veremos", mais on insiste pour refaire la porte. J'espère que l'entrée des acteurs et la lumière latérale seront réussies !

La difficulté c'est de mesurer la demande. Une chose simple peu demander 2 jours et une plus compliquée que tu ne demandais même pas (la porte) va être réalisée immédiatement.

A Montargis, Besançon, Paris ou Lima, c'est toujours un peu la même photo, seule l'échelle est différente.

lundi, mars 7 2005

Lima, la salle

Un beau lieu, pas immense mais un très bon rapport scène/salle pour le spectacle.

La salle

dimanche, mars 6 2005

Lima, dimanche...

Réveil un peu brumeux après la soirée d'hier. Mais déjeuner convivial avec Josiane, attachée culturelle. Un bon cebiche au bord de la mer, cela vous remet les idées en place.

Retour à mon centre commercial pour envoyer des mails (beaucoup écrit et avec plaisir, ce qui n'est pas dans mes habitudes) et répondre à ceux en attentes. Un dimanche, quoi...

Une place, une église

Une place, une église.

samedi, mars 5 2005

Lima, folklore !

Commencé la journée par une visite dans un marché pour trouver une valise pour le spectacle. Un peu épuisant de passer trois heures pour une valise, mais ici la décision du "directeur" semble être nécessaire pour tout. Intéressant quand même de voir ce marché où l'on trouve de tout mais où il semble que l'ensemble des produits soit de la contrefaçon mais tout à fait officielle (!). Et avons trouvé la valise.

Répétition à midi jusqu'à 17 h pour un premier essayage du costume de la fille. On est encore loin de la proposition du dessin, et les matériaux ne sont pas très beaux mais laissons faire les couturières, c'est du théâtre. (Un peu inquiet quand même.) Puis répétitions le soir avec Gabriela, c'est la dernière soirée sans les boys.

Et ensuite ils m'avaient réservé une soirée "folklorique". La bonne surprise (je suis un peu hermétique aux danses folkloriques en général) c'est que ce n'était pas touristique et que les étrangers étaient là avec des Péruviens. Je veux dire qu'il n'y avait pas de cars. Entre chaque danse la piste était envahie par le public qui dansait, ambiance sympathique, qui me rappelait un peu les soirées du festival de Bogota en Colombie, il y a eux ans. Je n'ai pas dansé, j'étais en tongs et je n'en avais pas le coeur. L'idée que certaines de ces danses apparaissent dans le spectacle me paraissait juste (et j'ai été bien conseillé car c'était les plus émouvantes) comme retrouver aussi une authenticité de la même manière que la chanson dépasse le cliché de Joséphine Baker et sa ceinture de bananes.

Puis ensuite, c'était la totale, suis allé assister à un spectacle de Music-hall... C'est en fait dans une boîte à trois heures, une revue de travestis avec chorégraphie approximative. Mais une ou deux danses étaient assez troublantes (par rapport au spectacle, car à part le côté sympathique et exotique, c'était assez effrayant), une fille et deux boys comme dans Music-hall et on aurait pu croire que Jean-Luc avait écrite la pièce à partir de ce numéro, mais j'imagine qu'il doit être le même partout. Ceci dit, il ne m'a jamais dit avoir assisté à un numéro qui l'aurait inspiré. Evidemment il ne me disait pas tout, mais je me suis posé la question et je me la pose toujours, et aussi pourquoi je ne la lui ai pas posée, c'est tellement évident. Ceci dit ce n'est pas le propos de la pièce et de toute façon, je suis bien placé pour savoir qu'il mettait beaucoup de choses dans sa salade et que souvent "ce qui était écrit semblait plus vrai que ce que nous avions vécu..."(1)

(1) la personne qui me trouve les titres des textes dont sont issues les citations de Jean-Luc dans ce blog a droit aux oeuvres complètes en cadeau.

Les acteurs ont bien compris, je crois, que la pièce est aussi (surtout) une histoire d'amour. (Là, j'aide un peu)*.

Entre le Moulin rouge (Cité Véron) et ce cabaret (calle Berlin). Il y a un monde mais des signes étranges.

Pour finir sur le cabaret leur chorégraphie avait par moment des similitudes avec celle que nous avons mise en place. Mais là aussi, j'imagine que c'est la loi du genre. On espère aussi que nous faisons pas un spectacle pour le public de cette boite, car pour le coup, il n'y aura pas grand monde et eux "jamais ne viendront".

Danse folklorique

Danse folklorique.

Mis à part les costumes, (aussi brillant soient-ils) ces danses avaient une vraie authenticité, et l'on sent toute la richesse culturel d'un pays dont nous avons une vision en France un peu simpliste (la faute aux chanteurs du métro et à Tintin).

vendredi, mars 4 2005

Lima, le tabouret

Peu, toujours, mais excellent travail. La semaine prochaine j'ai aussi les soirées. Ceci dit ce soir j'ai quand même travaillé avec Gabriela et je crois que ces répétitions à deux permettent de prendre le temps, ce que nous ne nous permettons pas forcément l'après-midi. Elle prend de l'épaisseur (je parle du rôle) et je trouve très intéressant selon son expression qu'elle commence le spectacle un peu "camionneur". Je n'ai pas de doute sur le charme, la séduction, la beauté qu'elle peut dégager dans la deuxième partie.

Etrange réveil ce matin par Pascale depuis Besançon, à discuter à 6 heures du matin des "affaires" en cours.

La tournée de Garrincha se retrouve réduite à quelques semaines du fait de l'engagement de Jean-Claude par Bonen pour 7 mois, ce qui fait suite à l'abandon d'un autre projet pour Jean-Claude à l'automne et il se retrouvait de septembre à mars sans rien. Nous aurions pu tourner entre deux ou trois mois mais je suis d'accord avec Pascale sur l'obligation morale. Et comme Besançon ne veut pas de nous sans même avoir vu le spectacle... Tout cela me fait penser un peu à Music-hall et c'est 20 ans plus tard. "Ne vois vraiment pas pourquoi se dérangeraient... "

Besançon, "si loin, si proche..." mais c'est une autre histoire.

Reçu les traductions inédites du théâtre de Pasolini, beau cadeau pour dimanche. (Sortie fin avril pour les curieux, aux Solitaires Intempestifs, bien sûr.)

La Boîte à tabouret

La Boîte à tabouret.

Cela sera comme un instrument de musique, son instrument et la boite le rend, le montre d'autant plus indispensable. J'avais eu l'idée il y cinq ans et je l'avais abandonnée je ne sais plus pourquoi, mais c'était une bonne idée, on en reparle mais je le crois. C'est l'atelier de construction, dans le parking souterrain du théâtre. Ils ont oublié de faire un petit atelier pour le théâtre, il n'y a pas qu'en France que des théâtres sont construits par des personnes qui ne connaissent que les fauteuils des premières galeries.

jeudi, mars 3 2005

Lima, rêve ou cauchemar

Abondance de neige en France, images de TV5, que cela est loin et conforte cette impression de ce soir : je vais me réveiller et retrouver ce froid. Mais je crois que cette impression vient, non seulement d'être là au Pérou (idée improbable), mais du fait que j'ai déjà monté la pièce et que pour le moment le spectacle ressemble un peu au cauchemar du metteur en scène avant la première, ils ne savent pas le texte, ils parlent dans une langue que je ne comprends pas, ils ne sont pas là... (la liste est longue).

On l'aura compris, il reste du travail mais Gabriela a passé la vitesse supérieure, j'espère que demain les boys vont suivre, ils ne connaissent pas trois lignes.

Ce matin, nous sommes allés au dépôt du théâtre chercher des costumes pour les boys et il ne nous manque que les chaussures. Je crois que c'est bien. Le premier boy descend de sa montagne et le deuxième est le produit de l'américanisation ou de son rêve. C'est tout à fait passionnant de pouvoir raconter cette histoire au Pérou, comme si elle était écrite pour le Pérou.

N'ai pas pu travaillé ce soir avec Gabriela, ils avaient oublié de réserver une salle. (No comment.)

La semaine prochaine je vais être moins disponible pour suivre mes mails vers la France. Mais apparemment le bureau suit et je dois leur rendre hommage, il y a des années qu'un certain nombre de personne se demandent comment je fais pour toute ces activités, la réponse est simple, c'est un malentendu, je ne fais rien ou si peu et j'ai des collaborateurs efficaces (merci à vous). Mais attention cela ne veut pas dire que tout est parfait encore beaucoup de choses à améliorer.

Le Dépôt costume

Le Dépôt costume.

A droite pas à gauche. A gauche église de la vieille ville. Un peu de carte postale quand même "de temps en temps".

mercredi, mars 2 2005

Lima, le quotidien

Nous avons repris au début et c'est la période la plus désespérante où les choses inventées la veille ne sont pas là et il faut retrouver comment est venue l'invention. Cette impression que tout est laborieux, la mémoire du texte est fragile, elle ne laisse aucune liberté, les places ne sont pas fixées évidemment et cela flotte en permanence.

L'heure "péruvienne" est difficile à gérer, retard toujours, mais "bon" une fois démarré, il y a une belle invention sur le plateau et surtout une belle écoute de la part des boys (c'est une partition difficile) et le spectacle se construit à trois, ce qui est fondamental.

Commencé la journée à 9h30 par un rendez-vous avec la presse et une séance photo, sympathique mais c'est pas mon truc, toujours cette impression de malentendu, vendre ce qui n'est pas fait et n'est pas à vendre, mais c'est la loi du genre.

Par contre les mails ont levé ce qui n'était effectivement hier qu'un malentendu. Plus morose donc, seulement pour le spectacle et inquiet par la tâche qui nous attend. Mais nous avons fini ce soir à 23h avec une belle scène (le tabouret) et les boys parfaits dans leur rôle, discrets mais présents et on voit combien ils sont indispensables, combien La Fille dépend d'eux. Mais demain la même scène... ?

Les Boys

Les Boys.

Miguel et Ismaël, se partagent un poulet et boivent de l'Inca Cola. C'est la pause. L'aventure continue, c'est moi qui l'imagine et c'est comme je l'imaginais.

mardi, mars 1 2005

Lima, arrivée au théâtre

Arrivée au théâtre aujourd'hui donc. C'est quand même plus agréable et nous sommes dans les vraies proportions du plateau (logique) qui est un espace très agréable.

Réunion technique ce matin où l'on m'a assuré que l'on pourrait avoir le tulle pour le fond et les petites lumières façon Music-hall. L'idée (toujours) me plaît bien. Et surtout nous aurons la possibilité de faire la première partie dans une espace de garage pour évoluer vers un lieu plus onirique.

Grande évolution de la danse, ils connaissent très bien le parcours et demain nouvelle séance avec Mirella.

Bien que nous ayons commencé avec beaucoup de retard, j'ai fini une première esquisse de la pièce et sur la lancée le soir nous avons repris au début. Et c'est beaucoup plus facile puisqu'ils connaissent la chorégraphie et que tout le parcours consiste à apprendre cette danse. Le spectacle tiendra vraiment si le final est parfait car les premières scènes se sont les Pieds-Nickelés, je crois que c'est juste mais il faut garder la sincérité. Demander à des acteurs d'être bons en faisant n'importe quoi c'est un peu risqué, mais la ringardise n'empêche pas la grandeur, enfin je le crois. D'ailleurs le premier boy quitte le spectacle et ce n'est pas un drame et là, j'ai vu la scène cette après-midi, il est va être vraiment dément dans les soirées d'anniversaire. Il faut que je vous envoie une photo de la prochaine répétition de cette scène mais j'oublie toujours de sortir l'appareil pendant le travail.

Branchement internet impeccable au théâtre et ce confort a été un peu gâché par la lecture de quelques contrariétés et j'espère qu'il ne s'agit que d'un malentendu (et je ne parle pas des mails professionnels). Avoir des nouvelles au quotidien c'est formidable mais il faut quand même attendre 24h pour la réponse et avec le décalage horaire ce n'est pas toujours simple à gérer. Difficile d'empoigner le téléphone. Donc un peu morose. "Bon". Mais de gentilles nouvelles aussi.

Entrée du théâtre

Entrée du théâtre.

C'est bien le seul escalier qui sera dans le spectacle. Le plateau est totalement vide.

lundi, février 28 2005

Lima, reprise des répétitions

Reprise des répétitions, dans cette salle surchauffée alors que dehors il fait si bon, soleil avec un petit vent frais. Mais demain nous intégrons le théâtre, je crois qu'il y a l'air conditionné. Les acteurs ont donc commencé la répétition par un petit sauna avec la séance de danse, 1, 2, 3, 4... ils ont intégré déjà quasiment tout le parcours, et en leur demandant de ne pas jouer, de ne pas s'occuper du jeu, de leur personnage (et autres balivernes), et bien paradoxalement cela commençait à ressembler à quelque chose : plus de lenteur et de désinvolture. La scène du mari (24), ils l'ont trouvée de suite et joliment sur une valse péruvienne et quand nous aurons l'arrangement sur la chanson de Joséphine Baker, cela devrait ressembler à quelque chose. La répartition des rôles (le chanteur et le danseur) donne une bonne dynamique à la pièce et raconte bien comment leur spectacle se délite. [Pour ceux qui ne connaissent pas la pièce, vous pouvez sauter ces passages. C'est assez logique qu'ils vous paraissent incompréhensibles.] Nous allons donc garder la version française de la chanson pour les moments de spectacle et Miguel, le deuxième boy ­ donc le chanteur ­ chantera en espagnol.

Bizarrement, alors que l'idée pour une fois est simple, Gabriela a du mal à faire, à imiter le goguenard. C'est le premier jour où nous voyons la scène et nous avons réussi à dessiner un parcours. Donc pas de désespérance. Cela veut dire que j'ai vu la scène 25 et demain, comme Miguel ne joue pas le soir, nous travaillerons jusqu'à 23h ­ aujourd'hui on a travaillé jusqu'à 18 h, mais ils étaient fatigués... la chaleur ­ et j'ai bon espoir de voir la pièce jusqu'à la fin. Cela nous fera gagner un jour car je sens bien que le temps est court ; la première est le 17 mars. J'ai beau répéter « no problemo », je garde un oeil sur le planning, d'autant que j'apprends aujourd'hui qu'il y a tournage d'un spot vidéo pour la promo qui va nous manger une répétition, si ce n'est une journée de répétition.

Ils se moquent (les acteurs) régulièrement de moi car je dis toujours « está la idea et ya veremos ». Qu'est-ce qu'on peut faire de plus quand ils ne savent pas le texte et qu'ils doivent s'habiller ou danser ! La moquerie est toujours amicale mais il va bien falloir un jour voir quelque chose. « Ya veremos... »

Et puis il y a une belle complicité entre eux, complicité d'acteurs sur le plateau. J'espère que nous arriverons à préserver cela, c'est essentiel pour la pièce qu'il y ait cette respiration et cette détente. L'histoire de la pièce, c'est quand même l'histoire des répétitions, notre histoire aussi.

La construction de la pièce est quand même géniale, bien qu'incompréhensible et il faut l'apprivoiser. Là, il faudrait que j'explique mais je viens de boire un « pisco sour » (cocktail national), il est 22h et je suis fatigué, donc j'y reviens plus tard, non, pas plus tard, un autre jour...

La vie quotidienne, c'est aussi une nouvelle connexion wifi (précision pour le guide du Routard, il faut acheter la « carte telefónica »), dans un centre commercial au bord de la mer pour touristes et sortie du dimanche (genre forum des Halles en plus petit). À pleurer, mais c'est plus économique que le Marriott (c'est à la durée) si ce n'est que je n'arrive pas à envoyer les messages. Espérons que je pourrai me raccorder demain au réseau du théâtre.

Le dimanche m'a permis de récupérer et je ne sens plus le décalage horaire.

Le Costume

Le Costume.

Rouge et or, « la torche vivante ».

dimanche, février 27 2005

Lima, un vrai dimanche

Cela fait du bien de souffler, un vrai dimanche. Lever à 8h30 (grasse matinée donc pour moi, ici) et café au Mariott où ma connexion est toujours valide. Le prix est donc moins prohibitif et c'est toujours tranquille... une fois l'entrée franchie et traversé le car de touristes sur le départ.

Répondre enfin aux mails, que je remettais depuis une semaine (les personnes ayant connaissance de ce blog ne sont pas concernées par cette remarque). Prendre le temps de donner des nouvelles aux proches (façon de parler).

Ai repensé bien sûr au spectacle, se passer le film des répétitions (dans la tête). Beaucoup de travail encore, mais cela commence à s'éclairer, ai donc fait le point avec Bernard sur la lumière (par mail toujours). Rédiger des textes pour la com et corriger des bios, repenser au planning, il va falloir être efficace dans l'organisation.

On l'aura compris c'est un dimanche de totale solitude et c'est bien.

On aurait bien fait une siesta, mais solitude itou.

Sans une envie folle, mais je suis au Pérou, suis allé me tremper dans le Pacifique, la qualité de l'eau est limite mais c'est bien de voir de "vrais gens". Cela nous change du Mariott. Je vous aurais bien envoyé une photo de la plage, mais j'y suis allé avec le plus strict nécessaire. Juste un petit guide de langue espagnole. Il est des jours plus que les autres où l'on regrette plus encore de ne pas avoir fait les études dont nous aurions eu besoin pour la vie. Il n'est pas trop tard, je sais, mais je suis peu doué ce qui n'encourage pas malgré la motivation.

Ai un peu marché dans la ville, et j'ai une ampoule. Morale, il ne faut pas abuser des tongs.

un vrai dimanche

En Europe (3:00) on dort (en général). Je veille, enfin c'est ce que je me raconte.

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