Reprise des répétitions, dans cette salle surchauffée alors que dehors il fait si bon, soleil avec un petit vent frais. Mais demain nous intégrons le théâtre, je crois qu'il y a l'air conditionné. Les acteurs ont donc commencé la répétition par un petit sauna avec la séance de danse, 1, 2, 3, 4... ils ont intégré déjà quasiment tout le parcours, et en leur demandant de ne pas jouer, de ne pas s'occuper du jeu, de leur personnage (et autres balivernes), et bien paradoxalement cela commençait à ressembler à quelque chose : plus de lenteur et de désinvolture.
La scène du mari (24), ils l'ont trouvée de suite et joliment sur une valse péruvienne et quand nous aurons l'arrangement sur la chanson de Joséphine Baker, cela devrait ressembler à quelque chose. La répartition des rôles (le chanteur et le danseur) donne une bonne dynamique à la pièce et raconte bien
comment leur spectacle se délite. [Pour ceux qui ne connaissent pas la pièce, vous pouvez sauter ces passages. C'est assez logique qu'ils vous paraissent incompréhensibles.] Nous allons donc garder la version française de la chanson pour les moments de spectacle et Miguel, le deuxième boy donc le chanteur chantera en espagnol.
Bizarrement, alors que l'idée pour une fois est simple, Gabriela a du mal à faire, à imiter le goguenard. C'est le premier jour où nous voyons la scène et nous avons réussi à dessiner un parcours. Donc pas de désespérance. Cela veut dire que j'ai vu la scène 25 et demain, comme Miguel ne joue pas le soir, nous travaillerons jusqu'à 23h aujourd'hui on a travaillé jusqu'à 18 h, mais ils étaient fatigués... la chaleur et j'ai bon espoir de voir la pièce jusqu'à la fin. Cela nous fera gagner un jour car je sens bien que le temps est court ; la première est le 17 mars. J'ai beau répéter « no problemo », je garde un oeil sur le planning, d'autant que j'apprends aujourd'hui qu'il y a tournage d'un spot vidéo pour la promo qui va nous manger une répétition, si ce n'est une journée de répétition.
Ils se moquent (les acteurs) régulièrement de moi car je dis toujours « está la idea et ya veremos ». Qu'est-ce qu'on peut faire de plus quand ils ne savent pas le texte et qu'ils doivent s'habiller ou danser ! La moquerie est toujours amicale mais il va bien falloir un jour voir quelque chose. « Ya veremos... »
Et puis il y a une belle complicité entre eux, complicité d'acteurs sur le plateau. J'espère que nous arriverons à préserver cela, c'est essentiel pour la pièce qu'il y ait cette respiration et cette détente. L'histoire de la pièce, c'est quand même l'histoire des répétitions, notre histoire aussi.
La construction de la pièce est quand même géniale, bien qu'incompréhensible et il faut l'apprivoiser. Là, il faudrait que j'explique mais je viens de boire un « pisco sour » (cocktail national), il est 22h et je suis fatigué, donc j'y reviens plus tard, non, pas plus tard, un autre jour...
La vie quotidienne, c'est aussi une nouvelle connexion wifi (précision pour le guide du Routard, il faut acheter la « carte telefónica »), dans un centre commercial au bord de la mer pour touristes et sortie du dimanche (genre forum des Halles en plus petit). À pleurer, mais c'est plus économique que le Marriott (c'est à la durée) si ce n'est que je n'arrive pas à envoyer les messages. Espérons que je pourrai me raccorder demain au réseau du théâtre.
Le dimanche m'a permis de récupérer et je ne sens plus le décalage horaire.

Le Costume.
Rouge et or, « la torche vivante ».